L'âne mon ami
"J'aime l'âne si doux,
Marchant le long de houx,
Il prend garde aux abeilles
Et bouge les oreilles;
Et il porte les pauvres
Et des sacs remplis d'orge.
Il va près des fossés,
D'un petit pas cassé…"
Ces quelques vers de Francis Jammes, disent l'essentiel de la vocation de l'âne. Pendant des siècles, le cheval du pauvre a sillonné nos campagnes, tour à tour animal de trait et animal de bât, mais avant tout de somme.
Après avoir besogné pendant des années au service de l'homme, l'âne avait été délaissé au profit des tracteurs. Ce charmant animal avait petit à petit disparu de nos paysages. Peu à peu les poneys avaient supplanté les ânes en tant qu'animaux de compagnie. Un phénomène de mode sans doute. Mais la mode est passagère et, depuis quelques années on peut voir de plus en plus d'ânes brouter dans nos prairies et accompagner bergers et moutons en transhumance.
L'âne a de nouveau la cote! Jusqu'à quand?
C'est une bonne chose pour lui mais cela pourrait également devenir la plus triste si cette mode passait et que notre ami fidèle soit rejeté comme objet vieillot par notre société de consommation.
De plus en plus nombreux sont ceux qui, pour leurs loisirs, leur plaisir ou leur activité professionnelle, font appel à nouveau à ce vieux compagnon. Et même si l'âne a quitté les champs où les machines l'ont remplacé, il retrouve les sentiers pour accompagner les randonneurs. Juste retour des choses pour lui, qui, par sa douceur et sa gentillesse suscite vite l'affection des enfants et l'admiration des plus grands.
Faut-il voir dans sa malice son caractère affirmé et sa complicité naturelle?
Je laisse à chacun le soin d'y répondre en toute amitié pour nos amis aux longues oreilles.
Biollay Jean-Marcel